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Soins virtuels – nouvelles et opinions

Tendance 25 mai 2018

Que peut vraiment faire l’intelligence artificielle pour les soins de santé?

Bien que l’intelligence artificielle (IA) pourrait constituer la prochaine grande innovation, elle ne mettra probablement pas votre emploi en péril. Du moins, pas pour le moment.

L’IA constitue assurément un sujet intéressant. Nous surveillons la situation avec espoir pour constater ce que l’IA nous offre aujourd’hui sur le plan clinique et quelles promesses elle nous réserve pour l’avenir.

L’IA évoque toutes sortes d’images et provoque un grand émerveillement chez bien des gens qui voient en elle les nouvelles limites de l’innovation. À sa plus simple expression, et selon le Merriam-Webster, l’IA est « l’habilité d’un ordinateur numérique ou d’un robot contrôlé par ordinateur d’effectuer différentes tâches couramment associées aux êtres intelligents » [traduction].

Deux articles récents, le premier publié dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) et le deuxième publié dans le New England Journal of Medicine (NEJM), abordent de façon équilibrée et réfléchie les possibilités qu’offre l’IA. Dans l’article du NEJM (disponible en anglais seulement), les auteurs Chen et Ash indiquent que l’apprentissage artificiel a atteint le « paroxysme des attentes irréalistes ». Selon les auteurs, les logiciels d’apprentissage artificiel utilisés en conjoncture avec le « matériel » fabriqué par les meilleurs cliniciens humains auront une plus grande incidence sur l’amélioration des soins que tout ce que les humains ou les machines pourront faire par eux-mêmes.

De nombreuses entreprises s’engagent dans la voie de l’IA, ce qui entraîne sans doute une surévaluation de leur potentiel, et bien que les travaux dans ce domaine s’apparentent de plus en plus à des exercices universitaires, l’IA se résume toujours à des algorithmes. Comme l’indique le NEJM, plus nous ajoutons de données dans les différents domaines, plus la précision augmente, mais cela n’est pas toujours utile. À titre d’exemple, les données massives peuvent indiquer que les consultations en soins palliatifs et les perfusions d’adrénaline sont associées à la mortalité. Cette information ne surprendra pas les gens qui pratiquent dans ce domaine. Il y a des limites à ce que peut faire l’IA.

Beam et Kohane de JAMA (disponible en anglais seulement) indiquent que l’apprentissage artificiel ne permet pas « comme le roi Midas de changer les données en or » [traduction], mais plutôt d’ajouter différents calculateurs du risque qui accroissent la valeur des renseignements présentés. L’IA évoluera sans doute vers des modèles plus avancés pouvant faire des prédictions plus solides et offrant davantage de possibilités. Les auteurs soulignent toutefois que les outils « n’offrent aucune garantie par rapport à l’équité des données ou même à leur véracité ».

La médecine moderne a besoin de l’IA pour traiter tous les renseignements saisis afin de dégager des tendances. Nous devons toutefois ajouter nos propres renseignements et nous résoudre à faire preuve de réalisme par rapport aux capacités de l’IA.

A propos de l'auteur: Le Dr Jeff Alfonsi est interniste praticien et pharmacologue clinique, en plus d’occuper le poste de directeur des affaires médicales à l’OTN.